09.01.2007

désir cannibale (fiction de l'étranger 4)

dessin Roland Topormedium_topor.2.jpg

Au jeu du désir cannibale les grands gagnants n'y survivront pas. sublimation des essences corporelles, j'ai lu "le parfum", de Suskind, transcendance d'un luxe poétique enivrant et, dans  "soudain l'été dernier de Tennesse William : Grenouille et le cousin Sébastien sont mort littéralement dévorés par le désir qu'ils avaient suscité.

la dévoration est interdite.

Depuis que le cannibalisme est tabou on ne doit plus dévorer l'autre.

Baisse-les yeux ! ne regarde pas les gens comme ça dans la rue ! Sauf les idoles, les dieux, sur leurs croix, leur autel, leur piédestal, leur scène, leur affiche, leur écran, leur cimaise .

Livrés à leur dévoration d'adoration, la "dévotion", seul cannibalisme acceptable socialement.

ceci est mon corps

Alors on triche .

On bidouille avec l'interdit, on magouille avec le tabou, on deale avec sa faim, on gère son manque....

On picore à la dérobée un peu de l'image des passants dans les rues, on grignote élégamment le portrait de son voisin dans les lieux publics, on chipote la tête de nos proches ; les plus hardis volent à l'étalage.

Lok, glance, peep, stare, gaze, leer, watch,

 Exercice épuisant , jamais satisfaisant condamnés à toujours manger sans être jamais vus. et pourtant qui se plaint d'être ainsi désiré ? l'énergie absorbée par les yeux n'a jamais détérioré l'image de personne ; et plus tu seras mangé plus tu seras beau.

heureusement avec le tabou,on inventa l'icône.

tu ne mangeras pas l'image de ton prochain.

dis moi qui tu manges ,je te dirai qui tu es.

 

Moi quand Piou Piou sera mort , s'il meurt avant moi , je mangerai bien un bout de sa cervelle en tartine, comme mes ancêtres , je suis sûre que ça m'aiderait ! Les deux serviteurs du docteur Livingstone on du penser ça quand ils ont religieusement dégusté ses entrailles , Questions de fidélité aux disparus..

 

La grande bouffe, s'arracher à la tentation anthropophagique, chemin âpre et tortueux, pas toujours pavé de bonnes intentions.

rescapés à la dérive, repaire des meilleurs morceaux chez l'autre, délire , sait-on jamais...

 

toujours cannibalisme.

Pourtant l'histoire avait bien commencé, nos lointains ancêtres nomades qui répugnaient à tuer leurs ennemis, ne répugnaient pas à manger leurs amis, règles bien sûr, on ne mangeait pas n'importe qui, n'importe quand et n'importe comment ! au joli temps de l'endo -cannibalisme, les rites socio-funéraires étaient rigoureusement observés et quelle sophistication dans les pratiques culinaires :

coeur pour les hommes , cervelle pour les enfants, un peu de phallus pour ces dames, ce qui permettait à chacun de préserver le meilleur du cher disparu dans son devoir de mémoire.

Contre l'oubli d'abord,

double défi à la mort l'autre étant incorporé et inscrit à jamais dans le corps de ses compagnons,

contre la putréfaction, purification d'une minéralisation immédiate.

inceste alimentaire, aujourd'hui on ne mange plus que les père-noël en chocolat.

Cannibalisme encore

oh, les fiers caribis baptisés judicieusement par Christophe Colomb  (canibales), caribal, carne, de vrais purs exo-cannibales ceux-là , pas de quartier, redoutables guerriers, ils mangeaient chaque jour un prisonnier de guerre ce qui résolvait à la fois les problèmes de logement et de ravitaillement. L'ennemi ingurgité remplaçait l'ami perdu au champ de bataille, on s'appropriait sa force et sa bravoure, et l'homme était rôti comme une bête sauvage et non bouilli comme un défunt chéri.

 damnation.

Aujourd'hui le grand frisson des profondeurs traverse encore le cinéma ( soleil vert, j'irai comme un cheval fou)

le grand frisson dans les chemins de la publicité, partout...

il flotte aussi dans les commissariats : L'autre , l'étranger, le barbare , le sauvageon, la racaille  gardés à vue , "cuisinés" .

 

Fumet douteux des vampires en costard, dealer proxénètes, odeur boucanée de quelques "ripous" bien arrosés.

complices aux "parfum".

et le cannibalisme dansles rapports amoureux ?

L'odeur de la chair réveille le chasseur : petites cailles , jolies poulettes et oies blanches risquent fort de passer à la casserole surtout si elles sont potelées et rougissantes pourvues de miches dorées et autres parties tendres.

A moins que ce ne soit une  tigresse et qu'elle lui dévore le coeur à l'homme ou alors !

c'est un boudin, mais bon, j'ai que ça à me mettre sous la dent.

Les hommes préfèrent'ils l'amour dans la cuisine ? et les femmes manger au lit ?

Commentaires

mais le baiser n'est il pas ce qui nous reste des pratiques cannibales de nos ancêtres ...le but étant de consommer l'âme de l'autre !

Ecrit par : ulysse | 10.01.2007

mon amoureux ne m'embrasse jamais... Es-tce à dire qu'il respecte au plus profond l'intégrité de mon âme... Je préfère le voir ainsi, parce que depuis le temps que je me demande pouquoi, j'ai fini par perdre tout désir de consommer l'autre, tout désir cannibale... Il me semble ausi que ce désir là est une part profonde, dans la dimension de notre appétit de la vie. Bouffer la vie... Je n'ai plus guère d'appétit ces temps... je dois manquer de bisous...

Ecrit par : anaka | 10.01.2007

Dis moi qui tu veux manger et je te dirai qui tu aimes...
On dit bien à la beauté : "je te mangerai toute crue"
On dit bien à la joue de pêche : "j'ai envie de te croquer"
On dit bien à la chair tendre : "je vais te mordre"

Dis moi qui tu veux manger et je te dirai qui tu hais...
L'enfant dés son plus jeune âge mord dans le bras de son ennemi.
On dit bien aussi : "celui-là, je le boufferais tellement il me pompe l’air"

J'ai faim !

Bise dame Azazel :)

Ecrit par : Plaiethore | 10.01.2007

Salut

Hou la je me sauve je vais me faire bouffer !
Bises
Gérard

Ecrit par : Gérard | 10.01.2007

j'ai de desirs de cannibalisme parfois
mais pas n'importe qui
pas n'importe quand
juste un moment
le goût du sang
je t'embrasse

Ecrit par : jeanne | 10.01.2007

Je n'ai plus l'envie de dévorer...

Ecrit par : michel, à franquevaux | 11.01.2007

Un deux trois
je te mangerais
Quatre cinq six
Tu me mangeras
Nous nous sommes invités
Au festin de nos âmes
Uni dans le cannabilisme
De nos personnalités.
Je me suis unie à toi
Je me suis donnée
Dans nos sens affolés
L'un à manger l'autre
Et vice versa !

Evglantine

Ecrit par : evglantine | 11.01.2007

Une bonne journée dame Azazel, sans brûlures, que de doux frissons. Souhait pour vous.

Ecrit par : Plaiethore | 11.01.2007

tu sais que j'aime les deux dans la cuisine, manger et amour et dans le lit, manger et amour,ce sont les bienfaits de mes émottions pluri-cannibales.
bises ma caille dorée à point.

Ecrit par : conchita | 11.01.2007

Ah la chair... Manger son amour mort. Pas de gâchis ! Lui en moi..le déguster..le digérer..le vomir..le chier. Et après ? Qui m'aimera encore ?

Ecrit par : Cendre | 11.01.2007

des mouches ?

Ecrit par : piotrevski | 11.01.2007

Bzzzz ! j'suis pas une mouche Oh Johnny...

Ecrit par : Cendre | 11.01.2007

moi, je le mange saignant, pas bleu ce serait trop cuit, et les mouches, je pas dire que j'les encule vu qu' j'ai pas ce qui faut pour, mais je leur coupe la tête avec l'ongle affuté de mon pouce droit, y'a des jolies couleurs sous mon ongle après , et ça repousse les faux-vampires, les vrais je les invitent à ma tablée....

Ecrit par : azazel | 11.01.2007

les mouches c'est pour les tapettes .:))
zigouille aza.

Ecrit par : gaby | 11.01.2007

Tu serais prête à enculer une mouche ? T'as pas honte ? Bête du diable respectable la mouche est !

Ecrit par : Cendre | 11.01.2007

le diable , j'm'en fous , l'existe pas pour moi, comme dieu, tout du pipo, je suis une "athéepurée", mais j'aime le sang et les histoires de vampires, le sang c'est la chair et la vie, c'est hurler , c'est cracher et recoudre la plaie à vif...
tiens plaiethore est à vif aussi...
la mouche je me la fous dans les trous de nez, je bouche l'autre narine, j'expire et je la rejette sur la mauvaise soupe fadoche du voisin qu'a pochée une crèche sur sa vitre et ne l'a pas encore enlevée, m'énerve celui -là, un pavé serait plus efficace...
cendre, tu sais jeter les sorts, alors amène -le ton diable , qu'on dégomme la crèche !

Ecrit par : azazel | 11.01.2007

Le diable m'est apparu sous plusieurs formes, se matérialisant ou pas sous mes yeux exorbités et glaçés d'effroi... mais il aime ça, me voir comme ça. Alors parfois je lui tourne le dos. ou pas, ça dépend des moments. Il me s'ammène pas Comme ça ! les apparences sont trompeuses...

Ecrit par : Cendre | 11.01.2007

toi t'es la diablesse, c'est pas pareil, t'as tes entrées chez le diable,je suis sûre que pour toi son apparence n'est pas trompeuses...
qui c'est ! saperlipopette mon voisin est peut-être une des formes du diable....
salut la diablesse, en tout cas ta peinture est nus déride les fesses.

Ecrit par : azazel | 11.01.2007

moi c'est le contraire, j'ai un pti cul, elles m'aiment bien, et c'est un moucheron qui m'encula dans la fosse à purin par un joli soir d'automne. Il s'appelait BBbzbbbzbzz, son corps sentait bon la... ok, je sors...

Ecrit par : piotrevski | 11.01.2007

t'as intérêt cul-terreux, si ça se trouve les moucherons y t'enculent tous les jours sans q'tu t'en rendent compte, tu sens pas une irritation parfois ?:)))))))

Ecrit par : azazel | 11.01.2007

la vraie classe c'est de s'en rendre compte et de s'en resservir des tranches et des tranches.

Ecrit par : piotrevski | 11.01.2007

les unes par-dessus les autres , alors !

Ecrit par : azazel | 11.01.2007

j'suis le gobe -mouche, plante carnivore....

Ecrit par : gaby | 11.01.2007

et le tue-mouche collant qu'on déroule, ça c'est bien écoeurant et gluant, slurp !

Ecrit par : azazel | 11.01.2007

Je te rappelle cette grande maxime culinaire de ce mangeur de femmes qu'était Louis le Quatorzième : s'il y a bien une chose que je ne supporte pas avec le boudin, c'est bien la cervelle... Je crains hélas que ce ne soit un apopthegme, mais cela flatte mon appétit... républicain...

Bises gourmandes

Ecrit par : Yohan | 11.01.2007

oh j'ai adoré ce texte ! quel talent !!!
j'en profite pour vous souhaiter une belle année et beaucoup de vos souhaits se réaliser...

à bientôt

A*

p.s : il n'y a plus de problème sur mon blog j'ai tout réparé ;o)

Ecrit par : Audrella | 11.01.2007

Une page digne de figurer dans une histoire naturelle de l'homme (et de la femme) (le français n'ayant pas de mot neutre pour désigner cette espèce), histoire qui reste à écrire. Freud et les siens ne nous ont pas dit les raisons de ce refus, en nous, de nous considérer (ce que nous sommes en fait) animal comme un autre!

Ecrit par : pierre2 | 12.01.2007

bien que le jésus - mangez mon corps touchez pas c'est mon cul - cannibal soit une évidence il est bon de le rappeler aux nouvelles générations, sauf que d'ici, j'en vois pas des tonnes de n ouvelles générations plon plon

c'est vrai qu'elle sait écrire la garce

Ecrit par : pierre | 12.01.2007

j'adore être traitée de garce, c'est un beau mot, j'adore ces mots qui crachent, les tiens...., bye garçon...
la nouvelle génération , plombée, asphixiée par les tonnes de conneries...
Et pour ceux qui ne le sont pas, plombés , asphixiés baillonnés par le poison qui crâme doucement mais sûrement le cerveau, pour ceux là c'est dûr de vivre entouré de zombies, plus dûr que pour nous...

Ecrit par : azazel | 12.01.2007

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