
On se regarde. Toi la vache, moi la femme. Couchée dans l’herbe tendre, assise sur un banc. L’herbe et le bois. Le vent flagelle ma joue droite et fouette ta joue gauche. On se regarde. Avachie dans le pré, combien as-tu vu d’hommes par ici ? Je te contemple. Ton regard est-il si vide ? Traverse-t-il mon corps pour s’évader au loin où je voudrais le rejoindre. Non, ce n’est pas un rêve. Avec insistance tu me fixes. Tes oreilles à l’horizontale frémissent. Est-ce le vent bienfaisant qui nous cingle et nivelle toutes nos peines ? As-tu des chagrins ? Sont-ils emportés par ce paysage doux et reposant, sans aspérités, pourtant si présent avec un vent si violent qu’il dilue nos tourments. Un vol d’oiseaux rapide, tel une étoile filante zèbre le ciel et notre vision. Langueur et lenteur. Tu as légèrement tourné la tête, indolente, un oeil toujours vissé vers moi, une oreille relevée. Qu’as-tu entendu ? Tous bruits se confondent vers l’horizon. Ah ! Une autre vache se retourne insolemment, et te lèche l’oreille. Quel nectar a-t-elle détecté ? Et pourquoi cette langueur ? Tu t’installes nonchalamment en biais, toujours un oeil rivé sur moi, rien dans ta tête, rien dans la mienne. Suis-je devenue vache ? Nous sommes lavées, asséchées par le vent normand. Juste une douce mélancolie à fleur de gorge. Je n’ai plus envie de bouger, comme toi et tes gestes indolents. Ce temps qui passe lentement dans ton oeil de bovin, si doux, m’empêche de pleurer et c’est bon. Mes sentiments s’éparpillent, dispersés, portés par le vent. Ne plus penser, ne plus réfléchir, comme toi rêvasser sans rêves, se laisser emporter par la vague, le vent, et la vie. Tu te lèves avec pesanteur, moi aussi. Je rentre à la maison.
Commentaires
Deviendrais-tu vache comme je deviens chat qui absorbe le soleil au rebord d'une fenêtre ?
Contemplation. L'art du ne rien faire. Le repos à l'état pur.
Nous sommes les artistes du rien Azazel !
Les gras doubles à la lyonnaise sont découpés en julienne, puis rissolées dans du beurre avec oignons émincées, vinaigre et persil... Moui, la préparation est un tantinet grasse.
Entre nous je préfère tout de même les gras doubles à la provençale ;)
Ecrit par : Plaiethore | 21.01.2007
bravo pour votre blog qui a le mérite pour une fois de parler d'autre chose que de son nombril.
Moi, je colle. Si vous avez un moment !
zede
Ecrit par : www.tranchesdepierre.hautetfort.com/ | 21.01.2007
Bonjour Azazel,
Ton texte est très touchant, j’aime bien les vaches, j’en ai plein autour de chez moi, elles sont si belles avec leurs yeux tendres aux longs cils.
Connais-tu « Meuh » de François Morel ? C’est un livre magnifique, une comédie dramatique.
Tiens, j’ai concocté cela pour toi :
A bientôt
Les vaches, dans les prés
Sont les fontaines du bon lait
Leurs mamelles généreuses
Donnent du lait chaud et crémeux
On en fait un mets exquis
Une cavalcade de fromages
Coulommiers, Bries, Saint- Nectaires, Reblochons !
Je ne vous dirai pas tous les noms
Mais je vous invite à un repas champêtre
Sur nappe d’herbe et de pâquerettes
Avec du pain, du fromage, et du vin
Nous ferons un festin DIVIN
Maria
Ecrit par : Maria-D | 21.01.2007
les vaches sont belles
sagesse cachée derrière leurs longs cils
azazel....we couette et douceur...éloignée du monde...téléphone sur répondeur...rien faire, simplement se laisser vivre...
bises
Ecrit par : esther | 21.01.2007
C’est l’histoire d’un enfant qui devient une vache.
Voici un extrait de « Meuh ! » de François Morel / edt Ramsay/Archimbaud
« Un dimanche après midi (il y a longtemps de cela, bien avant les événements que je raconte dans les pages qui suivent), nous marchions dans la campagne, mon père, ma mère et moi. Mes parents n’étaient pas spécialement amateurs de marche à pied mais, venant de recevoir toute une collection « gentleman-farmer » (cardigan vert bouteille, veste tweed, trois boutons cuir, pure laine vierge, knickerbockers à rayures pour mon père, ensemble brique, pull ras du cou laine shetland, spencer et culotte de cheval pour ma mère), ils avaient eu envie de l’étrenner.
Pas loin de Buisne (ce joli ruisseau qui, trois kilomètres en dessous du chemin des Vergers, se jette dans la Flangette, à la hauteur de Maubert-Vicomte), je m’arrêtai devant un troupeau de vaches et m’exclamai soudainement avec cette certitude de la révélation que seuls quelques grands chrétiens ont eu la chance d’éprouver : « J’ai de l’admiration pour les vaches. »
Mon père, visiblement surpris par ma réflexion et la force de conviction avec laquelle je l’avais proférée, me fit remarquer avec son acide ironie coutumière que le mot admiration lui semblait « quand même un peu trop fort ».
- Non, insistai-je, c’est celui qui correspond parfaitement à ce que je ressens au plus
profond de moi-même.
Mon père éclata de rire et ce rire me parut odieux, vulgaire. C’était aussi déplacé que
si un enfant de chœur avait fait remarquer à Paul Claudel frappé par la foi derrière un pilier de Notre-Dame : « Excusez-moi mais je crois bien que votre braguette est ouverte . »
- Compassion ! Tu veux dire compassion, fit mon père. Il doit manquer quelques
vocables à ton lexique.
- Non, m’entêtai-je, c’est bien de l’admiration que je porte à la vache.
Ma mère, craignant l’orage, se moucha. Se figea le sourire de mon père.
- On peut ressentir de la pitié, de l’apitoiement pour la vache. De la commisération
pourquoi pas. On peut être attendri, ému par une vache. On ne peut avoir de l’admiration pour la vache.
- On peut, fis-je, laconique.
Mon père crut nécessaire de devenir didactique.
- Soyons reconnaissants à la vache de nous donner du bon lait qui fera du bon beurre,
du yaourt, du bon fromage. Remercions-la pour son cuir dans lequel nous taillerons de belles vestes, de beaux sacs à main pour ta mère (qui détourna la tête, ne voulant pas être mêlée à la conversation), mais l’admiration est destinée aux pensées les plus nobles, aux valeurs les plus hautes. Crois-tu que ton grand-père Adrien soit tombé à Verdun pour qu’un petit con de ton espèce se mette à admirer une vache (ma mère, déjà en larmes, fit un signe de croix) ? Veux-tu débaptiser les avenues des maréchaux de France ¸Veux-tu que l’on érige des monuments à la gloire des vaches ? Veux-tu que l’on allume une flamme en souvenir de la Vache inconnue ? Admire Charlemagne ! Admire Napoléon, Alexandre le Grand ! Admire Fidel Castro, le pape ou ma cousine Hortenche chi ça te sante (pourpre de colère, mon père perdait un peu sa maîtrise)… N’admire pas la vache, elle n’est pas admirable !
- Elle l’est, répliquai-je d’un ton qui ne supportait pas la contradiction.
S’ensuivit un long silence, à peine entrecoupé par les reniflements de ma mère. Brusquement mon père tourna les talons, excédé par tant d’obstination. Ma mère alla le rejoindre et je restai seul, contemplant l’objet de mon admiration, le fruit de notre discorde. Ignorante de l’altercation qu’elle avait suscitée, la vache était là, immobile et désinvolte, tellement au-dessus des humaines contingences. Plus jamais mon père et moi ne fîmes allusion à ce bras de fer dialectique que ce jour-là j’avais gagné.
Aujourd’hui encore mon avis est inchangé. Oui, j’ai de l’admiration pour la vache car elle est impassible. Elle ne joue pas au tiercé. Elle ne hurle pas dans les stades. Elle ne se gare pas en double file. Elle ne passe pas au « Millionnaire » pour chanter faux « La Java bleue ». Elle ne se met pas au garde-à-vous. Elle n’utilise pas de tondeuse à gazon. Elle n’écoute pas la radio à tue-tête. Elle n’a pas de Bi-Bop. Oh bien sûr, son parcours est tracé : elle vit, elle meurt. Vous vous trouvez sans doute beaucoup plus malin ?
Ecrit par : Maria-D | 21.01.2007
elle n'invente pas les camps de concentration et pourtant on boit sont lait concentré, elle ne croit pas en un dieu et pourtant certains l'ont déifié, elle n'est pas raciste et pourtant je préfère les normandes les autres m'énervent.....
c'est nul c'que j'dis ,mais bon, j'avais envie d'être nulle, d'être moins maligne que la vache et de rentrer dans sa peau , une fois ,une fois seulement, ne plus penser que, comme la vache et me reposer, trouver fort intéressant ce qu'il y a dans l'oreille de ma voisine, ne pas la voir vache rousse , mais VACHE....
Ecrit par : azazel | 21.01.2007
maria d : j'suis invitée au festin ? j'amène ma copine la rousse et mon copain taurus.:)))
Esther , j'te l'avais dit la couette et tout bazarder...bisou man'esther.
plaiethore : j'ressens ça aussi, artiste du rien , le rien faire me mettre dans la peau du chat , de la vache du ver et de la baleine, juste pour révasser, et ça vient, je dégorge, tes gras doubles faut pas les découper avant, attentionne plaiethore, hérésie.....signé.
les gras-doubles en colère.
tranchedepierre :bonjour et merci de votre passage.
Ecrit par : azazel | 21.01.2007
Zazelounette
il y a des vaches par chez toi
et de l'herbe
et des paquerettes ?
veinardes toi et les vaches
je t'embrasse
Ecrit par : jeanne | 21.01.2007
En romance délecté en prose de dame nature en ébullition de nos sens ... il faudra encore me sous- entendre, avec l'oreille interne ;-))
C'est super sympa ce que tu as dit sur moi dans le post précédant Merci!!! J'aime aussi venir ici
Bises
Ecrit par : Bruno | 22.01.2007
en lisant ta note Azazel et les commentaires qu'elle a suscités j'ai envie de devenir l'herbe que mange la vache pour devenir vache et vivre ici et maintenant car c'est là que réside l'éternité...les vaches sont en effet éternelles puisqu'elles ne savent pas qu'elles vont mourir .....mais finalement ne sommes nous pas tous à la fois l'herbe, la vache, Azazel qui regarde la vache, Maria qui lit la note d'azazel etc...nos neurones créent l'illusion d'une séparation qui n'existe sans doute pas !
Ecrit par : ulysse | 22.01.2007
Moi je m'y suis crue dans ce pré, en Normandie, le vent cinglant ma joue et les mèches de mes cheveux (ultra-courts, je te promets, je mets une photo dès ce soir), volants en tous sens.
Le temps d'une lecture, tu m'as dépaysée... merci! J'en avais bien besoin...
Tendres bises.
Ecrit par : Pupuce | 22.01.2007
Moi je m'y suis crue dans ce pré, en Normandie, le vent cinglant ma joue et les mèches de mes cheveux (ultra-courts, je te promets, je mets une photo dès ce soir), volants en tous sens.
Le temps d'une lecture, tu m'as dépaysée... merci! J'en avais bien besoin...
Tendres bises.
Ecrit par : Pupuce | 22.01.2007
Moi je m'y suis crue dans ce pré, en Normandie, le vent cinglant ma joue et les mèches de mes cheveux (ultra-courts, je te promets, je mets une photo dès ce soir), volants en tous sens.
Le temps d'une lecture, tu m'as dépaysée... merci! J'en avais bien besoin...
Tendres bises.
Ecrit par : Pupuce | 22.01.2007
viens voir les vaches chez moi 'c'est autre chose, elles sont nerveusses les jolies.
bise à ma zazel .
Ecrit par : conchita | 22.01.2007
quand j'ai lu ta note la premiére chose que j'ai fait, c'est de la lire au fiston de 6 ans.
il a été heureux et a voulu que je la relise...
sont doudou se nome MEUH c'est une belle petite vache grande comme un chat, normande(normale comme tu le sais), tendre et douce, qu'il a depuis sa naissance
merci aza
ici les vaches sont bleu;-)
Ecrit par : le rat vit | 22.01.2007
A part que je ne suis pas trop d'accord sur le fait de faire faire n'importe quoi au père noêl (je pense qu'on est assez grands pour créer de nouveaux héros au lieu de décliner indéfiniment ceux en place) la photo du loup à saute-mouton est géniale et j'aime bien vos photos d'insectes et de vaches;
Zede, photographe
Ecrit par : zede | 23.01.2007
Salut
Ho la vache !
Gérard
Ecrit par : Gérard | 23.01.2007
Miaoumeuhhhhhhhh :)
Ecrit par : Plaiethore | 23.01.2007
ben, tu réponds plus à mes mails ?
regarde dans ta boîte .
bidous ma belle.
Ecrit par : gaby | 24.01.2007
Coins de prés, quand on pèse d'absence sur une barrière
Coins de rues, quand on rivalise de non présence parmi la foule
Coins par milliers dans lesquels on se redresse, soudain, pour reprendre le chemin de la vie, un jour devant l'autre, parmi les heures folles des demains.
(vive les normandes, et meuh!)
Ecrit par : tomas | 24.01.2007
la vache est un animal vraiment paisible , elles n'ont pas bougé depuis trois jours !
Ecrit par : ulysse | 24.01.2007
J'ai toujours rêver de me perdre dans le regard des vaches.
Il est superbe ton texte
Ecrit par : Gabriel | 24.01.2007
Etre vache un instant en sagesse du présent, puis oiseau, puis feuille ... Parfois femme et délivrer au monde la sagesse de ces instants ... As-tu bu un bol de lait en rentrant chez toi en prolongement de cet instant de partage ?
Belle journée à toi, Azazel
Ecrit par : Kaïkan | 25.01.2007
Douceur
paix
On est juste naturel.....
Ecrit par : sounya | 25.01.2007
Ah ! celle du bout a bougé l'oreille gauche! une mouche peut être ?
Ecrit par : ulysse | 26.01.2007
Que devenez vous ?
Ecrit par : michel, à franquevaux | 26.01.2007
un petit coucou au passage je te souhaite un bon week-end Bises
Ecrit par : Bruno | 26.01.2007
Bise en passant...
Ecrit par : Plaiethore | 26.01.2007
Bisous
Bon Week End
Ecrit par : Maria-D | 26.01.2007
azazel, tu es où ? Bises en passant...doux we.
Ecrit par : esther | 27.01.2007
Azazel tu vas prendre froid si tu restes là sans bouger...!
Ecrit par : ulysse | 28.01.2007
Azazel tu vas prendre froid si tu restes là sans bouger...!
Ecrit par : ulysse | 28.01.2007
Je passe, la vache n' a pas bougé ...
Un clin d' oeil en passant ...
Ecrit par : Kaïkan | 29.01.2007
dis, t'as le droit d'aimer les vaches mais j'espère que tu rumines pas...
J't'embrasse
Ecrit par : tomas | 29.01.2007
Houhouuuuuu, Azaaazeeelll, tu es oùuuuu ?
dit le hibou
dans le vent de la nuit
plaf
tombée
Coucou
coucou
dit le coucou
coquet
dans le vent frais
matinée
Des nouvelles, des nouvelles ?
demande le crieur
embarrassé
oo?Azazel??
que se passe t-elle, je te demande...
Ecrit par : Gene | 29.01.2007
Houhouuuuuu, Azaaazeeelll, tu es oùuuuu ?
dit le hibou
dans le vent de la nuit
plaf
tombée
Coucou
coucou
dit le coucou
coquet
dans le vent frais
matinée
Des nouvelles, des nouvelles ?
demande le crieur
embarrassé
oo?Azazel??
que se passe t-elle, je te demande...
Ecrit par : Gene | 29.01.2007
Ben alors Azazel que se passe t il ? ta plume nous manque pour voler !
Ecrit par : ulysse | 30.01.2007
Azazel,
allez donc voir chez Gene,
le 29 Janvier 2007.
Avec vous.
Ecrit par : michel, à franquevaux | 30.01.2007
zazelounette
ton mail ne fonctionne plus
tout me revient
donne de tes nouvelles
je t'embrasse
Ecrit par : jeanne | 31.01.2007
Azazel???????? J'espère que tout va bien, on s'inquiète un peu comme tu le constates...
Essaie de nous donner des nouvelles, ou demande à quelqu un de le faire pour toi...
Bisous très fort.
Ecrit par : Puce le pouic | 01.02.2007
Chrysalide ?
Chenille ?
Papillon ?
Ecrit par : Cendre | 02.02.2007
j'ai eu quelques nouvelles de azazel.
elle devrait poster un de ces quatres
si tu lis
tu vois que nous t'attendons la belle
t'embrasse
Ecrit par : jeanne | 04.02.2007
zazel
j'ai eu ton mail
et celui que je t'ai envoyé vient de me revenir
as tu une autre boite ??
je t'embrasse
Ecrit par : jeanne | 04.02.2007
ouf... le diable t'as au moins pas mangée toute crue...
je t'embrasse, prends soin de toi...
Ecrit par : tomas | 05.02.2007
Tes cris sont silence...
Ecrit par : Cendre | 05.02.2007
Salut, je viens de recevoir tes deux derniers mails et ma réponse m'est revenue. Je crois qu'en fait c'est ta boite qui ne fonctionne plus, ainsi que l'attestent tous les derniers commentaires ; il serait peut-être bon que tu y fasses le ménage pour libérer de l'espace...
Ciao, à un de ces 4
Ecrit par : Tony | 05.02.2007
Je n'avais pas vu tout cela dans le regard d'une vache...Dans le vide, oui, en revanche.
Ecrit par : mina | 07.02.2007
Ecrire un commentaire