11.05.2007
Les asticots , c'est pour la vie (fin)
Les asticots, c'est pour la vie : fin
Un jour notre père nous invita vivement à venir voir ce qui se passait dans l'antre du démon.
La chair rose était devenue noire et putride, c'était d'un nauséabond dépassant l'imagination. Notre raison restait empêtrée dans ce fumet pestilentiel, comme un moucheron dans une toile gluante. Il faisait chaud et cette senteur nous ankylosait encore plus, notre cerveau engourdi par tant de sensations innommables anéantissait toute rébellion. Nous passions la main au-dessus des innombrables asticots qui grouillaient dans tous les coins, et je me rappelle q'une chaleur intense et palpable s'en dégageait. A chaque fois que nous devions nous présenter devant la tête, un vertige d'odeurs et de petis bruits répugnants, annihilait toute désobéissance et nous plongions notre main dans l'abîme, pour en sortir une poignée d'asticots, vite déversée dans la boîte garnie de son, direction la porte de la maison devant laquelle le client attendait son précieux chargement.
La peur nous habitait, nous avancions vers le fond du jardin, plusieurs fois par jour, hébétés et asphyxiés pour accomplir notre rituel. Nous évoluions, comme impuissants dans un rêve, désincarné, notre âme, tapie loin derrière nous, pour ne pas devenir fous ou vomir peut-être.
Evidemment tout le travail nous échoua, les pièces de 1 franc s'accumulaient dans la boîte, mais furent vite dépensées dans l'un des bistrots du coin, j'en pris quelques-unes pour ma consommation de bonbons personnelle, ce fut mon premier vol et ma première révolte.
19:30 Publié dans histoires vécues | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note



Commentaires
Moi; ton histoire me fait penser à mes vacances dans la famille sur les plages du Nord de la France et même limite Belgique.
on nous emmenait à la pêche à l'anguille, à la marée basse on plante un pieux avec une tête de bête(boeuf, cheval...) et aprés plusieurs marées on revennait à une marée basse et on attrapait les anguilles qui se régalée.
bises AZA, je crois que je vais aller à la pêche.
Ecrit par : jako | 12.05.2007
J'aime bien comme tu racontes les asticots. C'est visuel et vivant!
Ecrit par : tomas | 12.05.2007
"(...)
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'ou sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Où s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
(...)"
(Extrait) La charogne / C. Baudelaire
Ecrit par : Maria-D | 12.05.2007
Cette même attirance et répulsion, je l' ai vécue aux yeux, aux narines et aux trippes lorsque je me suis mise en tête de dépecer le chat enterré dans le jardin pour ma " collection d' os" ...Etrange sensation que cette rencontre avec la mort et la décomposition ... Mais là, c' était un choix perso, pas une obligation, fut-elle " paternelle" ... J' aime le détachement humoristique et tragique à la fois de ce récit ...
Je suis plus que jamais à tes côtés, Azazel ... ;-)
Ecrit par : Kaïkan | 13.05.2007
écris-nous encore bichette, tes poèmes un peu bizarres qui viennent de l'autre planète.
je t'embrasse.
Ecrit par : gaby | 14.05.2007
Vermisseaux d'enfance épinglés à la mémoire.
Bise m'Azazel.
Ecrit par : Plaiethore | 16.05.2007
Une confrontation un peu brutale avec le cycle de la vie...partie de la fange pour retourner à la fange...mais quel régal au milieu!
Lorsque les adultes que nous sommes se posent la question d'élever leurs enfants...peut être oublient-ils parfois que la sensibilité est un long cheminement qui ne respecte aucun stéréotype...
Bye
Ecrit par : Big Ben | 17.05.2007
s'insinue sans soucis ce sursis biologique... ssssssss... traîtrise du temps ? sssss sssss... Aie confiance... crois en moi...
Ecrit par : gene | 19.05.2007
s'insinue sans soucis ce sursis biologique... ssssssss... traîtrise du temps ? sssss sssss... Aie confiance... crois en moi...
Ecrit par : gene | 19.05.2007
vol au vent tu m'as dit, allez toi aussi, revole à la vie;
baiser bouchedes deux conchitas.
Ecrit par : conchita | 19.05.2007
tu as su transmuté ces asticots en vers et en mots qui sont autants d'appâts pour nos rêves...
Ecrit par : ulysse | 19.05.2007
Je ne comprent pas tout tes textes et tant mieux, ils me font voir autrement autre chose, alors continue, je m'ennuie devant mon piano et mes bancos car s'est pas marrant vu se qu'on nous demandent,je retient des fois une phrase et j'invente un monde, ça me permait d'oublier la merde qu'on nous donne à tambouiller, on peu plus dire cuisiner, tu crois pas !
Francis, ton cuistot préféré, écris et reviens, tu nous manque.
Ecrit par : francis | 19.05.2007
Francisco , tu m'as devancé, salaud j'aurai ta peau, un jour Azazel tu as écrit une histoire sur moi , "le plongeur raconteur de blagues", celui qui animent un peu les cuisines et rend le travail plus léger, alors maintenant c'est toi qui t'y colle, recommence à écrire tes trucs un peu absurbe et surréalistes, j'ai un peu de culture malgré tout et j'aime tes textes, même si je comprend pas tout , c'est pas important, ce qui l'est pour des gens comme moi, c'est que je sente des choses et que ça m'enveloppent, m'mmène dans un autre monde , triste ou pas.
et puis c'est moi ton préféré plongeur, cours et revient.
Ecrit par : sergio | 19.05.2007
Bonjour la belle
je t'embrasse
et t'envoie
la douceur de cet après midi
ce vert des feuilles
et
et tout...
Ecrit par : jeanne_01 | 20.05.2007
Jako, Tomas , Maria-d, KAikan ,Gaby, Plaiethore, Big ben, Gene, Conchita , Ulysse, Francis, Sergio, Jeanne.... et tous ceux qui sont passés, je vous salue.
Jako , ton site est "inaccessible actuellement", mais c'est tout le temps.
Francis et Sergio une recette peut-être....
à bientôt tous, je passe quand je peux, je publie aussi quand je peux, j'écris tout le temps , même dans ma tête, mais vrai moins de présence, c'est tellement peu important, fausse absence dans les contours de ma vie, je sens l'étrange comme mon voisin de palier, mais mots se perdent , je ne sais rien de ce qui s'amasse en moi, je vois le monde , tout est lucide et sec et comme une soie froissée apparait votre ombre, vos ombres, et c'est tant mieux.
Azazel
Ecrit par : azazel | 20.05.2007
Aza c'est zarbi , bon, je te laisse le lien http://thejarringhowl.over-blog.com
bisous
Ecrit par : jako | 20.05.2007
je crois qu'avec ce lien ça marchera mieux
http://thejarringhowl.over-blog.fr/
Ecrit par : jako | 20.05.2007
une maniere comme une autre de vous asticoter?
Ecrit par : yoyostereo™ | 23.05.2007
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