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07.12.2007

dors

Plume de corbeau sous ses yeux refermés, seuls ses doigts sur le sommet de l'aube brûlent encore, et pourtant, une mue douloureuse a crevassé ses mains, dans ses paumes grillagées , des phalènes détraquées délabrent le chemin, sa tête empoissonne ses armures filets blancs ; son vaisseau ! une barque aux rames décalées. aujourd'hui l'ombre de la terre  ancre des paquerettes, majestueuses sous ses cils dessillés ; réveil, son sourire lavande taloche mon regard, je me déplie, il respire plutôt bien aujourd'hui, la ridelle aux creux de ses sourcils me sourit, je chante des alouettes d'instantané et arrête les abris du temps.

L' amiral s'habilla de gris, l'air songeur, nuance : gris clair, pour retrouver les murs blancs de l'hospital, je l'aidais, m'embrouillais, la petite truelle ne colmatait pas mon chagrin, pas de compassion, mais un baiser sur sa nuque de lait ; l'ambulance scintillante, métalique sur les flancs, ça jette, les voisins sont matinaux, une tache rouge derrière leur fenêtre, froissement de  papier journal pour cacher leur curiosité, ils ont déjà vu la nudité du crâne, les ruines et la tasse d'eau claire.

je me donne du courage , je fredonne ,je serai capable d'avaler un sabre pour que le roi des dragons reprenne ses ailes et tranche la corde d'un coup de dent rageur, mais le python est là, rampant dans les flots boueux de son corps trop  faible ; amiral, amiral, ton sourire est inexact.

Néons, couloirs, ascenceurs, blouse, gants, charlotte, masque.52b51bd2f1b93cf50d90fea11921a630.jpg

mes yeux seuls ?

même pas.

Sac, bague, montre se défond en choses vagues, le brouillard éclipse l'émail de mes mots, mon "ça va mieux" sonne idiot, l'espace -temps cueille mes paroles dans une cuillière lavandière, je t'ai apporté un livre pour plus tard ! c'est interdit, trop de microbes ? tes globules s'en sont allés vers l'ombre, il ne te reste que tes planètes rouges aux extrémités enflammées.

Contre toute attente, tu y crois, dans 10 jours tu seras sorti , foi d'Amiral Galactique, une couleuvre se dresse dans tes yeux safrans :

-Oui , ma mouette, dans dix jours.

ton visage suinte cette vérité.

j'ai si honte de savoir tes bêtes souterraines, tu me souris bateau ivre, de ton mieux tu chasses la poussière, essoufflement lilas frêle.

Ton "amour" flotte autour de mes yeux, seuls visibles pour toi, silence  chat sauvage, éclair naufrage, je chavire, on me pendra un soir près du navire brisé.

-"Je me suis rêvé mort, je me suis suicidé en imagination, détachement absolu, maintenant je peux vivre et aimer cette vraie vie, cette vraie mort ; amour, aimer, bonheur, je te sais, ma mouette, et amour n'est que le mot qui ne dit rien, je te sais dans le goût de ma vie qui m'enlève à la nuit"....

Sa voix s'arrête , épousée par le soir

Que sais-je au fond ? Ton cerveau, tes poumons, ton foie, tes reins, l'horrible chose comprimant ton coeur, pas de quoi faire une maladie, plusieurs peut-être....

Bureau, clair-obscur, Space-mirador sur un fauteuil perché me reçoit : "non madame, trois semaines à trois mois, c'est tout, peut-t'on vous téléphoner la nuit ? Non madame, pas de sortie possible, il faudrait une équipe médicale complète pour le suivre, branchement, lit médicalisé....

Madame insiste,il ne souffre pas, vous me l'avez enlevé à la suite d'un énième examen, sans prévenir, je n'ai pas d'au revoir sur notre barque aux liserés impudiques.

"IL ET JE VEUX VOULONS FINIR D ETRE DANS NOTRE VAISSEAU."

Il me l'a dit : 10 jours ici, pas un de plus.

alor, alors je crois en son sourire de gisant.....

photo : givre et glace, 5h 41

Azazel

Commentaires

Mon Dieu, que dire face à notre impuissance ...
Se réverbèrent chacun de tes mots ... Je m' assieds doucement et te prends la main ... Suis avec toi, avec vous ...

Ecrit par : Kaïkan | 07.12.2007

... ce bleu ... si froid ... et si dur... une larme perle... je t'embrasse petite mouette...

Ecrit par : Maria-D | 07.12.2007

Toujours là, toujours là et rien d'autre, rien d'autre, toujours ici, ici. Et nous ici et là, ici et là bas.

Ecrit par : michel, à franquevaux. | 07.12.2007

Bonjour,

A découvrir "Menaces d'amour", un nouveau polar dont une femme est l’héroïne sur : http://menacesdamour.centerblog.net

A bientôt,

François

Ecrit par : françois | 08.12.2007

"Il a dit, à Noël et j'ai crié jamais..."

(livret de Werther de Jules Massenet)

alors je crois en son sourire de gisant...

"ainsi vont toutes choses, laissons tout ...
... et cachons nos sanglots."

(Guillaume Apollinaire)

Ecrit par : michel, à franquevaux. | 09.12.2007

Une douleur qui n'en finit pas de ricocher et cette impuissance à pouvoir aider vraiment...alors juste rester là en amitié, peut-être dérisoire mais bien présente !

Ecrit par : colette | 09.12.2007

comme tous tes amis ici, je ne peux dire que je suis là et je sais que ça ne sert pas à grand chose
juste un souffle qui vous accompagne
d'amitié
de tendresse
d'amour

Ecrit par : jeanne | 09.12.2007

la douceur exorcise la douleur, puisse t'elle être souvereine, je vous envoie milles rayons de soleil, pour vous réchauffer.

Ecrit par : yoyostereo™ | 10.12.2007

comme le dit simplement Jeanne , juste un souffle qui accompagne d'amitié et de tendresse

Ecrit par : ulysse | 10.12.2007

Je comprends mieux à présent et douloureusement leur ressemblance et leur beauté.

Poser une plume sur sa main, comme poser sa main sur son cœur, comme poser son cœur au creux de sa main.

Pensées filantes à vous.

Ecrit par : Plaiethore | 10.12.2007

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