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14.12.2007
dors la suite et, un petit bout de fin.
Plume de corbeau sous ses yeux refermés, seuls ses doigts sur le sommet de l'aube brûlent encore, et pourtant, une mue douloureuse a crevassé ses mains, dans ses paumes grillagées , des phalènes détraquées délabrent le chemin, sa tête empoissonne ses armures filets blancs ; son vaisseau ! une barque aux rames décalées. aujourd'hui l'ombre de la terre ancre des paquerettes, majestueuses sous ses cils dessillés ; réveil, son sourire lavande taloche mon regard, je me déplie, il respire plutôt bien aujourd'hui, la ridelle aux creux de ses sourcils me sourit, je chante des alouettes d'instantané et arrête les abris du temps.
L' amiral s'habilla de gris, l'air songeur, nuance : gris clair, pour retrouver les murs blancs de l'hospital, je l'aidais, m'embrouillais, la petite truelle ne colmatait pas mon chagrin, pas de compassion, mais un baiser sur sa nuque de lait ; l'ambulance scintillante, métalique sur les flancs, ça jette, les voisins sont matinaux, une tache rouge derrière leur fenêtre, froissement de papier journal pour cacher leur curiosité, ils ont déjà vu la nudité du crâne, les ruines et la tasse d'eau claire.
je me donne du courage , je fredonne ,je serai capable d'avaler un sabre pour que le roi des dragons reprenne ses ailes et tranche la corde d'un coup de dent rageur, mais le python est là, rampant dans les flots boueux de son corps trop faible ; amiral, amiral, ton sourire est inexact.
Néons, couloirs, ascenceurs, blouse, gants, charlotte, masque.
mes yeux seuls ?
même pas.
Sac, bague, montre se défond en choses vagues, le brouillard éclipse l'émail de mes mots, mon "ça va mieux" sonne idiot, l'espace -temps cueille mes paroles dans une cuillière lavandière, je t'ai apporté un livre pour plus tard ! c'est interdit, trop de microbes ? tes globules s'en sont allés vers l'ombre, il ne te reste que tes planètes rouges aux extrémités enflammées.
Contre toute attente, tu y crois, dans 10 jours tu seras sorti , foi d'Amiral Galactique, une couleuvre se dresse dans tes yeux safrans :
-Oui , ma mouette, dans dix jours.
ton visage suinte cette vérité.
j'ai si honte de savoir tes bêtes souterraines, tu me souris bateau ivre, de ton mieux tu chasses la poussière, essoufflement lilas frêle.
Ton "amour" flotte autour de mes yeux, seuls visibles pour toi, silence chat sauvage, éclair naufrage, je chavire, on me pendra un soir près du navire brisé.
-"Je me suis rêvé mort, je me suis suicidé en imagination, détachement absolu, maintenant je peux vivre et aimer cette vraie vie, cette vraie mort ; amour, aimer, bonheur, je te sais, ma mouette, et amour n'est que le mot qui ne dit rien, je te sais dans le goût de ma vie qui m'enlève à la nuit"....
Sa voix s'arrête , épousée par le soir
Que sais-je au fond ? Ton cerveau, tes poumons, ton foie, tes reins, l'horrible chose comprimant ton coeur, pas de quoi faire une maladie, plusieurs peut-être....
Bureau, clair-obscur, Space-mirador sur un fauteuil perché me reçoit : "non madame, trois semaines à trois mois, c'est tout, peut-t'on vous téléphoner la nuit ? Non madame, pas de sortie possible, il faudrait une équipe médicale complète pour le suivre, branchement, lit médicalisé....
Madame insiste,il ne souffre pas, vous me l'avez enlevé à la suite d'un énième examen, sans prévenir, je n'ai pas d'au revoir sur notre barque aux liserés impudiques.
"IL ET JE VEUX VOULONS FINIR D ETRE DANS NOTRE VAISSEAU."
Il me l'a dit : 10 jours ici, pas un de plus.
alor, alors je crois en son sourire de gisant.....
10 jours , ombre sur ombre, comme marcher sur des épines, ton absence ressemble à ta présence, infranchissable, ton corps et ta voix gicle sur moi comme de l'eau de mer, je t'efface dans l'escalier, tu dévastes la salle de bain, pourtant immensément vide, je m'apaise, tu lances une ondée éblouissante dans la chambre, cette fausse étreinte m'éreinte, je suis affamée de toi,fatiguée, je m'insurge contre cette fausse présence friable qui m'ensable sans repère et sans repos.
10 jours, ton retour sent la tomate confite, les chats pourlèchent le contour des assiettes, mes vêtements me frôlent comme des jonquilles pressés, je lance la nuit, elle grésille ; langueur, lenteur, revenez, savourez ce petit moment de bonheur : un retour sans aucune armature.
Ta fatigue, ton regard aux armes dévoyées, nos sourires, toucher ton bras, toutes nos épaules sont de sable, moi , je défie chaque seconde de ne pas rester intarissable de vie
Tu te tiens là comme une girafe sur la banquise mais ton regard a retrouvé la quinte flush d'avant le grand naufrage, de petits citrons juteux dans nos yeux, le grand réverbère ruisselle de lumière pocharde.
Retour vers ce futur, "cristal qui songe" mais ne sait pas, un pas pour dire la victoire, un autre pour le deuil, mais tes mains et ta tête n'ont jamais cessés de bâtir.

Azazel
18:50 Publié dans écrits | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note




Commentaires
Pourquoi le beau est parfois empreint d'une couche de j'aimerai mieux pas que ce soit ainsi...je vous embrasse du bout des yeux, du fond du coeur
Ecrit par : wictoria | 14.12.2007
bises fraternelles à tous deux douces et duveteuses comme des ailes d'alouette
Ecrit par : ulysse | 15.12.2007
Au delà, de tout, et bien, là, nous y sommes : un pas pour la victoire, un pour le deuil, les mains et la tête n'ont cessé de bâtir.
Ecrit par : michel, à franquevaux. | 15.12.2007
bien mon Azazel, pour les sourires et les tristesses, sans oublier cette vie que tu poursuis sans compassion, tes amis sont bien avec toi avec ta tendresse et ta fiertté de défier, de poursuivre... que j'aime.
ton texte est beau, lumineux, il ya des éticelles, des odeurs, des gestes, nous voyons bien, et ta fin sans fin est esttrès vrai, continue le parcours, prends tout en passant, et les photos je m'en occupe, si tu es toujours d'accord, ici ils adorent avec les petits textes de quatre lignes et les miniatures.
rappelle-moi pour Gaudi, je t'aime et mon ami t'embrasse la main.
Conchita 1et 2, comme tu le dis dans la chaleur et le sourire tendre.
Ecrit par : conchita | 15.12.2007
Sous l’épaisseur de la glace… la vie…
Bises à toi
Ecrit par : Maria-D | 16.12.2007
Texte magnifique !
Je t'embrasse
Ecrit par : colette | 16.12.2007
Bonne nuit
Ecrit par : Gene | 16.12.2007
amicales pensées à la girafe sur la banquise et à son ange-gardienne...que votre chemin soit parsemée d'aurores boréales
Ecrit par : ulysse | 18.12.2007
Tendresse, toujours.
Ecrit par : Plaiethore | 18.12.2007
Un beau texte
Ecrit par : bruno | 18.12.2007
des baisers légers
en aile de papillon
Ecrit par : jeanne | 19.12.2007
des baisers aussi, en aile de papier, la route me mange par les pieds
au revoir aza
Ecrit par : tomas | 21.12.2007
je dépose devant votre porte une ombre de lune et un sac de cailloux blancs pour chasser la mauvaise fortune et les tourments ....bises
Ecrit par : ulysse | 23.12.2007
Pour toi un doux Noël
Tendre Azazel
Bisou du bout de l'aile
Ecrit par : Maria-D | 24.12.2007
Et
Azazel
file
pour les étoiles
Ecrit par : gene | 26.12.2007
Sous la glace battait un coeur, un coeur chaud et puissant, pourtant, alors que le jour se levait, lui ne bougea pas.
Il resta derrière sa galce à mirer le monde qui tournait autour de lui. La peur de rencontrer la vérité l'avait figé!
Coeur chaud donne toi la force de faire fondre le mur qui nous sépare.
Tes textes sont autant de coeurs qui fondent la glace de nos soirées égoïstes. Je m'émeus à chaque fois.
Bonne soirée chère Azazel
Ecrit par : evglantine | 05.01.2008
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