04.02.2008
les corbeaux
les corbeaux s'étaient rassemblés en un grand épouvantail noir aux ailes étendues, sa chemise crépusculaire laissait passer le soleil à travers les plumages déployés, quelques oiseaux voletaient autour, des rayons obliques crachaient sur la pierraille, pas de terre ici, du moins très peu, innombrables et bavards ils avançaient vers la ville.
les réverbères tremblaient, ils craignaient de ne plus signer la nuit, des spirales d'ombres glaçaient le soleil et la sueur décollait les envies, des glaçons-suie traçaient les maux mortels et imprononçables, par tous les chemins les barbares s'enfuyaient, barbares, pauvres hères s'évadant vers un terrible naufrage, un grand noir d'orage, des nuits blanches, traînantes...
Le grand ballet nocturne les pistait, c'était comme un grand soir, mais un soir d'envers et contre rien.....
extrait (Azazel)
16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
06.09.2007
Ailes et Serres
extrait d'interview d'Azazel :
-Parlez-nous des deux romans fantastiques qui vous ont le plus marquée cette année :
Azazel : Ailes et serres de Florian Laska et l'aveuglement de José Saramago
Expliquez :
eh bien, j'ai lu beaucoup de romans "fantasy" et "science-fiction", et je suis une des pionnières du jeu de rôle fantastique de toutes les époques avec des débuts dans "donjons and dragons" en anglais quand on nous prenait pour des gourous de sectes, oui j'ai vécu ses jeux, "dans ses jeux", j'ai vu des mondes se créer, évoluer , des personnages aussi....des systèmes sociétals, ces jeux dans les années 80 étaient de véritables créations de mondes, réels lorsqu'on jouait des nuits entières des week-ends entiers, il y avait aussi les copies de mondes copie (lovecraft, avec l'appel de thulu, le jeu)etc....
Mon premier livre de science --fiction : les fourmis de Theodore Sturgeon, le deuxième : futur intérieur de christopher priest (les revues" fiction"(belles couvertures), je les ai encore, "galaxie", moins belles couvertures), tous les auteurs sont passés dans ma boulimie , en héroïc- fantasy également, avec préférence pour moorcook, ursula le guin, tanith lee, Zelasny, je suis devenue de plus en plus diffficile, après en avoir tant lu , je ne trouvais plus je voulais l'émotion +++, le rêve , le dépaysement, la belle écriture, l'histoire et les personnages qui allaient m'emballer. rappelez-vous "terremer" (ursula le guin)...
eh bien j'ai trouvé le livre qui m'a happé, il s'appelle : AILES ET SERRES de Florian Laska.
écriture concise et précise, poésie de l'épure,
histoire superbe,
monde prenant, surprenant, "réaliste" très bien construit, on y vit avec les personnages,
des personnages très présents, bien sculptés, imbriqués dans ma chair maintenant, comme certains personnages de "Terremer",
un suspens jusqu'à la dernière page,
on le lit fébrile et en même temps on le déguste, car on ne veut pas quitter ces mots, cette écriture, ce monde..... Mais,
Horreur, il a une fin et on attend la suite et on est accroc.
en plus c'est d'un romantisme..... brûlant....
s'il te plaît Florian , la suite....
EXTRAITS
"Le petit corps était tendre, pantelant, chaud. L'homme serra contre lui la part la plus précieuse de sa vie, et les deux chairs n'en firent qu'une.
Ses larmes noyaient le petit visage fané, la jeune peau, desséchée, sabrée de crevasses, buvait la peine de son père, qui y revoyait la terre aride qu'ils venaient de traverser. Maintenant sa vie était pareil au désert assassin.
Il était seul, et perdu."

Allez chez Florian Laska, il est dans mes favoris, pour les références de son livre et... Beau voyage.
Je pars moi-même pour un autre monde, à dans trois jours.
22:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
29.12.2006
j'me fais plaisir

Cadeaux, beaux cadeaux....
"Une panthère noire hippie clouée au comptoir se tortille. Survenue il ya six mois du Sénégal, elle rallume la savane soucieuse. Les clients rappliquent et la croisent et n'en croient pas leurs yeux. il y a ceux qui osent un coup d'oeil clandestin et les autres pour qui les torticolis guettent. Elle savoure, la panthère noire, ses interminables jambes montées sur pilotis. Elle ronronne derrière les verres fumés de ses lunettes rouges et insondables. Lèvres clignotantes sous langue de rosée, ses ongles rouges griffent le bois rouge du comptoir rouge. Elle parle rouge, elle rit rouge, la peinture se fissure, ses talons alpestres piétinent ma peau rosissante. Elle drague à mort la mine épanouie du patron."
extrait du livre de Pierre Duys : "Les dauphins ivres"
"Les principes ne valent que pour l'esprit qui pense, et quand il pense ; mais hors de l'esprit qui pense, un principe se réduit à rien.
On ne pense pas le feu, l'eau, la terre, le ciel, on les reconnaît et on les nomme, puisqu'ils sont ; et sous l'eau, le feu, la terre ou le ciel, sous le mercure, le souffre et le sel, il y a des matières encore plus subtiles que l'esprit ne peut pas nommer, puisqu'il n'a pas appris à les connaître, mais que quelque chose de plus subtil que l'esprit, de beaucoup plus profond que tout ce qui est dans nos têtes, pressent, et pourra reconnaître lorsqu'il aura appris à les nommer. Car si les principes valent pour l'esprit, les choses valent pour les choses, il n'y a pas d'arrêt dans la subtilité des choses, pas plus qu'il n'y a d'obstacles à la subtilité de l'esprit."
extrait du livre d'Antonin Artaud : "Héliogabale ou l'anarchiste couronné"
Deux livres,
deux atmosphères,
deux sphères,
deux plaisirs des mots,
deux textes.
Des idées brassés,
des images calcinées,
des flashs backés,
des colères noires,
tranchées rouge,
sang sur l'espoir....
(Azazel)
07:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, les dauphins ivres, pierre duys, artaud, idées
27.12.2006
mal de crâne
J'aime choisir, sentir, toucher caresser des yeux, découvrir et apprivoiser le texte, c'est comme pour toute chose , je veux pouvoir choisir un livre sans qu'on me l'assène sur le crâne .
starisation et matraquage publicitaire me font fuir....
consommez ! consommons ! les stars du livres devenues rentables comme des footballeurs professionnels.
non la culture livresque ou autre ne sera jamais pour moi une marchandise jetable.....
azazel
19:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


